CHEVAUX DE FEU, expérimentations équestres

Victoire, situation initiale (2006)

 

Voici copiée ici l'analyse de la situation initale (voir le document original) que je fis lors de l'achat de Victoire (cf. Méthodologie). Le premier but fut de remettre en état une jument sous alimentée (et éteinte), qui se révéla un mois plus tard, ayant repris du poil de la bête, une furie extraordinairement mal éduquée...... Le bilan suivant, fait avant cette "transformation" liée à la nutrition correcte, est donc assez édulcoré: Victoire n'avait pas encore exprimé son potentiel de révolte, de goût du conflit et d'irrespect dans le premier mois....:

 

Les points forts à conserver

Physique :
Harmonieux et puissant (pas de faiblesses ni de défectuosités dans la locomotion).

Mental :
Courageuse et allante (bonne impulsion naturelle).

 

Les points qui nécessitent travail

Physique :
Travail de fond standard pour jeune cheval.

Mental :
Positionnement clair de l'humain, comportement, codes.
Valorisation de la synergie avec l'humain, dévaloriser le conflit & faire disparaître les comportements violents, instaurer confiance.

 

Histoire du cheval

Dans un coin entre la Gironde et le Lot et Garonne, un "éleveur" laissait en autarcie quasi complète tout son troupeau de type "cheval de gitan": la base du troupeau fut constituée d'une jument Andalou et d'un entier Percheron (peut être déjà croisé également), qui saillissait en liberté mères comme filles...... Un peu plus tard fut intégré une jument Trotteur Français.
Victoire est dons une "enfant de l'amour", un divertissant "cocktail des prés", à priori Andalou / Percheron, avec peut être un peu de Trotteur, mais ce n'est pas sûr (elle serait issue des juments initiales).

Saillie par son propre père, elle est achetée, pleine, avec une autre jument du même troupeau, Espoir.
La nature étant bien faite, à 3 ans elle met bas un poulain mort né.
Sa propriétaire avait deux caractéristiques majeures:

Pas à chercher plus loin pour comprendre ce qui avait "construit", ou plus exactement "déstructuré" les deux juments..........

Avril 2006, cette personne, souffrant de gros problèmes de santé et ne pouvant plus d u tout s'occupper des deux juments, les donne à un couple "adorable et de toute confiance". Quelques semaines plus tard, un "bruit" lui apprend que le maquignon boucherie chevaline local est sur le point d'acquérir deux demi-traits.... Or il n'y a pas trente mille demi-traits dans la région: en l'occurence les chevaux qu'elle vient de donner.... Prise de panique elle contacte le couple "de toute confiance", qui en fait ayant constaté que les deux juments sont complètement inutilisables, a songé que avec l'argent qu'on en tirerait du maquignon on pouvait s'acheter pas mal de barettes de shit à fumer.........

Elle accourt catastrophée sur le site pour constater que, avant l'arrivée du maquignon, les deux juments ont défoncé les clôtures et pris la poudre d'escampette..........................
De retour chez elle, elle m'appelle: elle savait que je faisais partie d'une association de cavaliers indépendants, Cheval Passion, comptant plus de soixante membres: sur soixante passionnés, quelqu'un l'aiderait il à sauver ses chevaux?

Au mail le président de l'association Cheval Passion dégaina: il cherchait un demi trait pour randonner.... Je fus chargée de mission, donc, d'aller voir les deux chevaux, un peu pour lui, un peu pour moi: la description d'une des deux juments collant exactement à mon cahier des charges pour un éventuel second sujet d'expérimentation: 5 ans, débourrée, gentil...

La dame partit dans la forêt chercher ses chevaux perdus, mit plus de trois jours à les retrouver avant de pouvoir me rappeler pour m'indiquer le lieu où les voir.

 

Visite & achat

Je prend donc la route pour aller à la limite du Lot et Garonne. Les juments (accompagnées d'un âne et de deux brebis qu'elles avaient emmené dans leur fuite) avaient été retrouvées à plus de 60 kms de leur point de départ, et hébergées chez une connaissance de la personne.
De nuit, sous la pluie, dans un pré boueux, elle me sort d'un box de fortune une petite bête baie crottée, pendant que la grise Espoir essaye de se confondre dans le mur.
Dans la lumière blafarde d'une mauvaise lampe, je perçois une bonne bouille sympa, affublée d'un physique assez ingrat: de gros pieds, une paire de fesses énorme, pas assez de taille, elle est un peu petite... Mais le tout est bien planté sur la planète et à l'air sain: lorsque je plie l'encolure de chaque coté, tout est normal. Je demande un pied, qu'elle me donne gentiment (ce sera peut être le seul pied qu'elle donnera gentiment dans les six mois à venir, la bougresse, à croire qu'elle a fait "genre je suis un cheval civilisé" ce soir là....!!!). La jument avait l'air paumée, perdue, en divagation dans sa tête, ce qui s'expliquait facilement par tout ce qu'elles avaient vécu ces derniers jours: la nouvelle "maison", des traitements inconnus mais qui n'ont pas du être plus cohérents que ceux de leur propriétaire, la faim, la fuite, la divagation, la récupération et un embarquement parait il fort houleux dans un camion (dura deux heures, fait par la propriétaire et la personne chez qui elles avaient atterri en "pension de secours").... J'avais sous les yeux une bête d'une esthétique douteuse, pas méchante mais paumée.
Je note plusieurs seimes sur des pieds en état catastrophique, dont une majeure qui remonte et brise le périople, ainsi qu'un suintement au lobe de l'oreille droite. La propriétaire me ment: "elle a du s'égratigner dans le box".... J'apprendrai de mon véto, qui était également le sien, que la jument présente ce suintement depuis toujours, et après recherches il s'agira du défaut de naissance identique à celui de Jardineira, la "fistule auriculaire".

Le mental à présent: je pars en marchant (boue et pluie, dans le noir) dans le pré en m'éloignant du troupeau, elle me suit sans hésiter, quittant le troupeau sans un regard: premier excellent bon point, l'autonomie. Je la fais tourner autour de moi, dans le noir de plus en plus épais (on est à cinquante mètres des box de bois et du troupeau), et lui demande de trotter sur la longe courte du licol: petit cercle, donc difficile, mais à ma sollicitation, elle part au trot sans problèmes: second excellent bon point, elle a un minimum de jus, et est gentille d'accéder à de telles solicitations sans broncher dans de telles conditions.

J'achete, le prix de la boucherie, payable en trois fois, avec un contrat de bons soins.

Lorsque trois jours plus tard je reviens la chercher, de jour, je me rend compte que je me suis lamentablement gourée: elle n'est pas aussi petite que je l'avais vu (enfoncés dans la boue, pré en dévers), et de plus fort jolie!!!................ (Je me rendrai compte un mois plus tard que je m'étais également trompée sur le mental, la bonne volonté et composition de Victoire ce soir là étant certainement dû à la malnutrition et l'épuisement.............).
Sidérée j'emballe mon acquisition dans le van en moins de 5 minutes, avec une facilité qui laissera le maitre des lieux pantois (lui qui avait mis plus de deux heures et avait fini en force): Victoire, à 5 ans, embarqua sans problème vers une nouvelle vie.

Espoir fut achetée quelques jours plus tard par Patrick Ligat, président de Cheval Passion.
Après une réeducation-redébourrage tout aussi houleuse que celle de Victoire, Espoir, rebaptisée "Nadja", a elle aussi gagné ses galons de randonneuse émérite, et vit dans une bonne maison :).....

Là encore, de l'appel ciblé de la propriétaire vers moi au comportement étonnant de la jument à mon égard, il me parait évident que c'est elle qui m'a choisie, et non l'inverse....

 

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Page du carnet www.chevaux-de-feu.net créée le 29/09/2007, dernière modification du 07/05/2008.