CHEVAUX DE FEU, expérimentations équestres

Le cheval au travail

EN CONSTRUCTION

 

 

 

 

 

 

 

 

Un chapitre pour présenter les conditions dans lesquelles je met mes chevaux pour pouvoir travailler avec eux: du planning de travail à l'hygiène de vie en passant par leur alimentation.

Beaucoup de gens, me voyant travailler, parlent d'équitation éthologique alors que je n'en ai jamais fait, que ma formation est extrêmement "équitation classique", que je refuse même de mettre en place certaines préconisations de l'éthologie, par choix technique, parce que cela va à l'encontre de mon rêve de cheval"...
Dans le même ordre d'idée assez paradoxal, mes chevaux ne sont pas ferrés, avec une certaine appartenance à la démarche de laisser les chevaux pieds nus pour des raisons d'intégrité physique, et pourtant je ne met pas en place de parage spécifique, ils sont en box-paddock six mois de l'année, sous couverture l'hiver, bien loin, bien loin de l'idéal du cheval "100% naturel" préconisé par certains courants équestres.

Ma démarche, mon travail et les conditions de vie offertes à mes chevaux n'est donc PAS "éthologique", encore moins "naturelle" (à partir du moment ou on utilise un cheval il n'y a plus rien de "naturel"), mais tenant juste du simple bon sens de l'homme de cheval. J'ai coutume de penser à ce sujet qu'on ne peut demander à un humain qui n'es pas libre ou bien est mourant de faim de courir un marathon, d'écrire de la poésie, ou de danser avec grâce; que la performance, l'art et la beauté s'accomodent assez mal de la souffrance. Pour que mes chevaux soient performants, beaux et artistes, je les ai voulu le plus heureux possible, et je tente donc toujours de trouver un juste équilibre entre contraintes d'utilisation humaine et respect de leur animalité "cheval".

 

Animalité & dressage

Le cheval a besoin de marcher.

Le cheval a besoin de mastiquer. Sa nourriture est l'herbe.

Le cheval a besoin de contacts sociaux.

Si l'on détruit totalement un de ces trois aspect, on a plus sous la selle un cheval, mais un névrosé, un déséquilibré. Quelle que soit la formule d'hébergement, je veille donc à ce que le cheval au travail:

  • Ait herbe et/ou foin à volonté, et 6 litres maximum de concentré par jour pour un cheval au box, 4 maximum pour un cheval au pré (sauf exeptions de sujets à métabolisme atypique). Le cheval est programmé pour donner un certain nombre de coups de machoîre par jour, libérateurs d'endorphines, et son système digestif est fait pour dégrader la cellulose par voie bactérienne. Les concentrés sont alors des "sucres rapides" (dégradés rapidement dans l'estomac et passant dans le sang immédiatement) générateurs de toxines et d'une énergie "parasite", à tendance explosive/agressive, alors que les "sucres lents" de l'herbe et du foin (dégradés dans le gros intestin par la flore, processus long) fournissent au cheval une énergie "noble" de type endurance/résistance. Ayant noté le dégradation sensible du tempérament de certains chevaux hypersensibles à l'alimentation, j'axe donc sur une très nette dominante fourrages avec l'apport concentré minimum permettant d'avoir le cheval au travail en état. Pas plus: le surcroît serait générateur de toxines et de surpoid, qui, même léger, invalident l'effort sportif, fragilisent le cheval athlète (dégradation de l'endurance, effort inutile, prédisposition aux accidents métaboliques).
  • Ait des contacts avec les autres chevaux. L'idéal est de disposer d'une mise en prairie ou paddock en groupe ou en binôme. En box, dans certaines écuries les chevaux ont la possibilité de se toucher par dessus les murs ou les portes. Dans les sorties ou les déplacements, je met sans hésiter mes chevaux avec des chevaux inconnus: la multiplication de ces situations rend mes chevaux de plus en plus sociaux, avec des réactions de prise de contact de plus en plus modérées. Cette démarche est bien sur facilitée par le fait qu'ils ne soient pas ferrés, mais plus on multiplie les contacts inconnus, plus on diminue le risque d'un incident lors de ces contacts, en "aguerissant" le cheval dans ses démarches sociales, lui donnant l'occasion de s'expérimenter socialement sur plusieurs partenaires. Le danger provient du cheval isolé en box devenu "handicapé social" qui est brutalement projeté avec un congénère: il convient alors de prendre beaucoup de précautions pour minimiser les risques. Mais en tenant le cheval avec une vie sociale riche et variée, on obtient un cheval au travail aimable avec ses congénères, adaptable, pratique à bien des aspects. La préservation de cet aspect social est donc, là aussi, un outil d'éducation du cheval.

A droite: hébergement en box où les chevaux peuvent se voir, se sentir, se toucher

 

Contraintes d'utilisation

N'étant pas un professionnel, j'ai un travail autre que l'équitation. Ce qui signifie que si je souhaite travailler 5 jours/7 mes chevaux, c'est entre 18 heures et 22 heures environ...

Fin de journée d'automne au Queyran'ch, et bientôt l'hiver...

Le confort d'écuries couvertes et des infrastructures qui permettent de travailler de nuit et à l'abri des intempéries.

 

Un hébergement à deux vitesses...

 

L'été: pâture intégrale

 

 

Octobre 2006, Jardineira et Victoire en pâture avec foin à volonté.
En cette saison ou les températures sont encores bonnes mais les journées courtes, j'en profite pour leur offrir quelques semaines de repos intégral: pature de deux hectares et pas de travail... La pousse de l'herbe est insuffisante depuis Août et il faut faire la transition avec le passage au régime sec de l'écurie (peu d'herbe et foin à volonté): je leur met donc à disposition un roundball en libre service en permanence, sans défaire les ficelles de ce dernier pour éviter le gaspillage par piétinement. Au fur et à mesure de leur consommation (par le milieu qui est meilleur) je resserre les ficelles pour maintenir un rouleau compact.
De plus, elles "glandent" au propre et au figuré: en ce milieu d'automne les chênes bordant la pâture produisent abondamment et les juments stationnent longuement sur cette manne de nourriture. Aucun réel signe de toxicité hormis d'abondants bruits intestinaux et qu'elles pètent beaucoup à cette époque de l'année, certainement dû à cette consommation de glands.
A ce régime et sans travail elles perdent rapidement la ligne "sport" au profit d'un embompoint certain...

 

L'hiver: box la nuit, paddock en journée, avec foin à volonté

 

Victoire, prise en flagrant délit de commérage: première saison en box-paddock pour la sauvageonne qui sautait les clôtures... Elle a bien compris que cette boite était "la sienne", que l'enferment n'était que pour la nuit (déplacement satisfait et vie sociale avec paddock en troupeau le jour) et la protégeait du froid (!! à son comportement, cette notion était évidente!!), que les rations y étaient servies et que, en plus, copine Jardi était dans la boite d'à coté : le box "idéal", au Queyran'ch, c'est à dire celui par dessus duquel on peut toucher son voisin...
Cela a également été l'occasion de l'apprentissage de comment utiliser un abreuvoir automatique, ce qui lui a pris pas mal de temps.

 

 

Page du carnet www.chevaux-de-feu.net créée le 30/12/2006, dernière modification du 29/09/2007.